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Musiques
présenté par Alex Jaffray

LE 23/01/2013

 

De Roubaix père et fils

Benjamin de Roubaix rend hommage à son père François, avec la sortie d’un premier album sur lequel il réarrange certains morceaux de celui qu’il n’a quasiment pas connu. Revenons sur la carrière du compositeur du film "Le Vieux fusil".
Voici l’un des titres signé François de Roubaix, réarrangé par son fils Benjamin de Roubaix. Son album, "L’homme des sables", est en partie un hommage qu’il rend à son papa (décédé alors que Benjamin n’était âgé que de 6 mois). Son album se compose d’une partie ‘vintage’ avec les 4 compositions de son père qu’il réarrange (tout en essayant de garder sa propre identité), et une reprise de "My funny Valentine". Les autres sont des compositions originales, mélange de jazz, pop et musiques ethniques.

Né le 03 avril 1939, François de Roubaix s’intéresse très tôt à la musique, notamment grâce à son père, Paul de Roubaix, qui produit et réalise des films institutionnels. Le mélange entre musique et cinéma ne quittera alors jamais François. Il venait de signer la B.O. du film "Le Vieux fusil" de Robert Enrico, en 1975, quand il trouva la mort dans un accident de plongée. Il triomphe lors de la toute première cérémonie des César en 1976, en remportant à titre posthume le César de la meilleure musique. Une autre de ses œuvres considérée aujourd’hui comme une pièce maîtresse de sa carrière artistique est sa musique pour le film de José Giovanni, "La scoumoune", en 1972 avec Jean-Paul Belmondo, Claudia Cardinale et Michel Constantin.

En autodidacte, il découvre le jazz à l’âge de 15 ans. Ce précurseur, toujours à la recherche de nouvelles sonorités, a expérimenté les instruments les plus divers, de la musique électronique au folklore traditionnel. Comme on l’a entendu dans le thème de "La Scoumoune", il réussissait à mélanger bruits de crécelles, de ressorts, de tubas de plongée en intégrant tout cela à son univers. Tout cela on le doit à son coté multi-instrumentiste. Il joue pratiquement de tous les instruments.

Sur une petite quinzaine d’années de composition, le saltimbanque autodidacte de la musique laisse derrière lui un riche héritage musical, avec de nombreuses musiques de films. A la fin des années 60, il connaît un petit passage à vide au cinéma, et se consacre davantage à la télévision. Il compose la musique de la série "Les secrets de la mer rouge" en 1968, qui relate les aventures de Henry De Monfreid, célèbre aventurier français. Le générique de la série d’animation "Pépin la bulle", le générique de "La mer est grande" (même dans ses choix de compositions, on peut faire un lien avec sa 2ème passion : la plongée).

 

 

ud Ouest  Par Aldo Campo

28/12/2012

Benjamin de Roubaix : Les ricochets de l'âme

 

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Benjamin de Roubaix est né en 1975, quelques mois avant la disparition de son père, le compositeur de musique de film François de Roubaix, survenue à l'âge de 36 ans lors d'une plongée sous-marine aux îles Canaries. Ce drame endeuilla brutalement toute une famille de parents et d'amis, mais également celle du Cinéma et de la Télévision. Comme tous ceux qui sont partis trop tôt, fauchés en pleine effloraison, François de Roubaix hante désormais les arcanes du temps avec une aura teintée d'admiration pour tout ce qu'il nous a offert, et de regret pour ce qu'il n'a pas eu l'occasion de réaliser. L'histoire de sa vie est liée à celle de l'audiovisuel et du 7ème Art des années 1970 et, ne serait-ce qu'à ce titre, on ne peut que remercier les intimes et les passionnés qui s'efforcent de colliger documents et témoignages ensevelis sous les archives, pour préserver sa musique et son parcours artistique aussi éphémère que novateur.
La promesse de l'eau...
La surprise de cette fin d'année 2012, nous la devons à Benjamin de Roubaix qui vient de réaliser avec des complices musiciens son tout premier album : « L'homme des sables ». Enregistré et mixé par Jean-Paul Gonnod aux Studios de Meudon, ce disque n'est pas le fruit du hasard mais bien l'expression d'une détermination personnelle sur fond de quête identitaire. Durant son enfance, sans doute s'est-il façonné une image paternelle en écoutant ses bandes originales, le devinant par le prisme des confidences de ses proches. Lui-même attiré par la musique, contrairement à François qui était autodidacte, Benjamin s'est forgé au fil du temps des bases solides en intégrant des écoles pour parfaire sa pratique musicale tout en voyageant pour ouvrir ses oreilles au monde. Compositeur, tromboniste, comme le fut François en son temps avec le « New Orleans College » de Georges Billecard et Michel Fontanes, Benjamin aime le jazz et par dessus tout, jouer sur scène. Cela ne l'a pas empêché d'étudier la musique de film. Il a par ailleurs composé des thèmes pour des courts-métrages pour saisir les contraintes techniques du travail de François, mais peut-être aussi surtout pour achever de se définir lui-même et se distinguer affectueusement de cet emblématique père. Pour toutes ces raisons et d'autres qui forcément nous échappent, « L'homme des sables » nous apparaît comme un album très abouti qui porte en lui un formidable travail de gestation et à l'instant de l'écoute, le cri et la respiration d'une naissance.
La musique ou la vie...

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La sortie officielle de l'album s'est faite le 21 novembre 2012, exactement 37 ans jour pour jour après l'accident de plongée de François. Sur la première de couverture du disque, on le découvre face au regard ému de son père qui le tient dans ses bras, simplement émerveillé par le miracle de la vie. Au verso, sur la playlist, 10 titres dont quatre reprises paternelles : « Les secrets de la Mer Rouge - La Scoumoune – Le Vieux Fusil – Le saut de l'ange », un standard de jazz « My funny Valentine » et cinq compositions originales de Benjamin dont « L'homme des sables » qui ferme la marche et qui, tant par sa conception rythmique que par l'agencement des notes sur un fond de brouhaha, nous laisse particulièrement songeur sur la signification spirituelle de ce morceau.

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« Ma mère m'a annoncé à six ans que mon vrai père était mort en plongée (…) que lorsque cet accident s'est produit, j'étais avec elle sur le bateau. J'avais 7 mois et demi. C'était un après midi lorsque François est allé plonger (...) J'étais donc au plus proche de sa disparition. On me voit d'ailleurs avec ma mère ce jour-là sur une photo que j'ai mise à l'intérieur du livret de mon disque. »
(extrait interview de Benjamin de Roubaix à Paris le 23/10/2012 par Benoit Basirico.)
Le symbole du sable représente la mort physique, mais aussi en contrepoint, la promesse d'une renaissance. Il s'apparente aux vierges noires qui rendent la vie après la mort et offrent la résurrection. On peut y voir aussi celui du sablier : une bulle se vide, l'autre se remplit par une contraction calibrée qui marque la fatalité tout en ouvrant un nouveau cycle temporel. Symbole d'éternité, de cohésion, modelé par les vents du désert, strié par les remous des océans, le sable couve les miracles de l'univers terrestre.
L'homme qui murmurait à l'oreille des hippocampes.
« L'homme des sables » de Benjamin de Roubaix porte le sceau du talent d'un compositeur inspiré et d'un musicien accompli. Accompagné d'Alexandre Saada aux claviers, Jean-Daniel Botta à la basse, Laurent Séries à la batterie et aux percussions, sans oublier les choristes Léonore Boulanger et Miali, cet album riche en rythmes et sonorités instrumentales, dans lequel chacun s'est investi avec bonheur et spontanéité semble parfois remonter des profondeurs pour nous offrir l'ivresse d'une danse d'algues au creux des oreilles. Le charme agit, l'instant se teinte d'une superposition d'énergies libérées, les couleurs des notes soufflées varient comme sous l'effet des courants marins, de pélagiques sensations troublent nos sens, et tandis que notre plaisir se multiplie, le mystère de la musique reste entier entre les machoires nacrées de son bénitier. C'est un album qu'il va nous falloir écouter plusieurs fois, l'inscrire dans les pages du temps pour qu'il nous ouvre peu à peu les portes de ses ténèbres, nous livre tous ses secrets... à commencer par ceux de la Mer Rouge.
Aldo Campo

 

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Balade dans des champs sonores

14.12.2012 - 23:00 jouter à ma liste de lectureecevoir l'émission sur mon mobile

Field recording. Aujourd'hui cette anglo-saxonne expression, qu'on ne saurait traduire par "paysage sonore" (cf. les commentaires ci-dessous), mais qu'on peut entendre comme "enregistrement de plein champ" ou "enregistrement de terrain", devient un mot de passe. Mode ou conséquence des évolutions techniques, de nombreux artistes se réclament aujourd'hui du field recording. Il est temps d'en parler pour savoir ce qu'il y a d'artistique à enregistrer une route, une rue, un chemin ou des oiseaux. Outil ou genre? Méthode ou fin en soi? Alexandre Galand, auteur de Field recording, l'usage sonore du monde en 100 albums, aux éditions Le Mot et le Reste (où il convoque notamment la figure de l'écrivain-voyageur Nicolas Bouvier), est avec nous pour nous aider à répondre de manière illustrée. Le compositeur et artiste sonore Pali Meursault, dont la prochaine pièce Offset est bientôt disponible, est là aussi. On s'appuie sur les productions de son label Universinternational, qui existe depuis dix ans.  

Dans la deuxième partie de l'émission, glissement en douceur vers L'homme des sables, le premier album (jazz) de Benjamin de Roubaix, qui rend hommage à son père, le compositeur de musiques de films François de Roubaix, mais propose aussi des compositions originales et sonores.
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Ecoutez l'émission de Thomas Baumgartner sur L'homme des sables en cliquant sur: Balade dans des champs sonores

 

 

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Benjamin de Roubaix, en quête de son père

Rencontre,

omme-des-sables,deroubaix-benjamin, - Benjamin de Roubaix, en quête de son père

Benjamin de Roubaix est le fils du grand compositeur de cinéma François de Roubaix (SAMOURAI, LES AVENTURIERS...). Musicien lui aussi, Benjamin sort le 21 novembre 2012 son premier album "L'Homme des sables" accompagné d'un concert le 27/11 au Sunset. Ce disque rend hommage à François de Roubaix avec quatre reprises. Il nous parle de cette figure paternelle.

  Lorsqu'il est né, son père musicien français, François de Roubaix avait déjà composé la musique de nombreux films comme "Les Grandes Gueules", "Les Aventuriers", "Le Samouraï", "La Scoumoune", ou encore "Le Vieux Fusil". Il allait très certainement en écrire d'autres, mais malheureusement un accident de plongée aux Canaries l'en a empêché. François de Roubaix est mort dans l'eau et dans le sable le 21 novembre 1975, laissant derrière lui de nombreux projets avortés, de nombreux parents et amis endeuillés, ainsi que deux orphelins de père, sa demi-sœur Patricia et lui.
Son premier album "L'Homme des sables" rend hommage à François de Roubaix avec quatre reprises. Disponible le 21 novembre en Vinyle et CD. Musiciens : Benjamin de Roubaix - trombone ; Alexandre Saada - piano ; Jean-Daniel Botta - basse ; Laurent Séries - batterie

 
Interview 

Cinezik : Quels souvenirs avez-vous de votre père François de Roubaix ?
Benjamin de Roubaix : Je n'ai pas connu François, mais j'ai grandit au milieu de ses disques qu'il y avait dans la maison. Dés l'enfance, j'ai eu conscience que ces disques étaient le fruit de son travail. Je les ai écouté. "Où est passé Tom ?" (film de Jose Giovanni, 1971 - à écouter ci-contre) est un titre que j'ai beaucoup apprécié enfant. Il y a aussi les classiques comme "Le Vieux fusil" (de Robert Enrico).

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On m'a raconté l'histoire de François petit à petit. Ma mère m'a annoncé à six ans que mon vrai père était mort en plongée. On était en avion, on revenait d'Israël, et elle me dit que lorsque cet accident s'est produit, j'étais avec elle sur le bateau. J'avais 7 mois et demi. C'était un après midi lorsque François est allé plonger. Le capitaine a indiqué qu'il n'y avait plus d'air dans les bouteilles, il devait être sorti de l'eau. J'étais donc au plus proche de sa disparition. On me voit d'ailleurs avec ma mère ce jour-là sur une photo (voir ci-contre) que j'ai mise à l'intérieur du livret de mon disque. Pour l'image de façade, j'ai pioché dans les photos où j'étais avec mon père.

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Vous assumez votre nom chargé d'histoire en signant seul votre disque...

B.d.R : De part mon éducation, j'ai été coupé de mon nom, bien que j'ai jamais perdu contact avec mes grand parents paternels, ni avec ma soeur Patricia, mais puisque je n'ai jamais été élevé par François, j'avais un peu de mal avec le nom. Au fur et à mesure que je grandissais, je l'ai accepté de plus en plus. Aujourd'hui, c'est une évidence, mais il y a eu la nécessité d'une quête de ce nom. Je me suis mis à faire de la musique de film, pour quelques court-métrages et documentaires, comme pour me mettre sur les pas de mon père, à sa recherche. Ne le connaissant pas, j'ai voulu voir par quoi il était passé, en vivant moi-même la pression d'un compositeur au sein d'un projet de film. En plus, je suis tombé amoureux d'une réalisatrice, qui est aujourd'hui ma femme. J'ai écrit la musique de ses court-métrages. Maintenant, je mets cela un peu en stand-bye, c'était vraiment juste pour emprunter le chemin de mon père. Le "live" me manque. J'ai envie de jouer davantage, plutôt que de rester derrière un piano. J'aime l'idée du home studio initié par François qui aimait bidouiller, mais c'est moins ma voie. J'aime le concert.
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Avec votre album "L'Homme des sables", au-delà de votre nom et des photos, le lien avec votre père est présent dans la musique avec les reprises...

B.d.R : C'est mon premier album. Je l'ai écrit en solo, bien que des musiciens m'accompagnent. Je voulais vraiment rendre hommage à François avec ces quatre reprises, "Les secrets de la mer rouge", "La Scoumoune", "Le Vieux fusil", et "Le Saut de l'ange". Pour le reste, hormis "My Funny Valentine" qui est un standard du jazz, ce sont mes compositions. On a enregistré l'album en studio, mais dans les conditions d'un concert, on n'a peu édité. On sent l'énergie du "live", c'est haché. Pour l'anecdote, l'album est sorti en vinyle et CD le 21 novembre. C'est le jour de la mort de François. Le disque sort ainsi 37 ans après.

Continuerez-vous à rendre hommage à François en participant à l'élaboration de compilations comme cela a déjà été fait ?
B.d.R : En parallèle de mes projets personnels, j'ai des projets avec ma soeur Patricia pour faire vivre la musique de notre père, comme des compilations incluant des remix de jeunes talents. Après une première formule en 2006, une deuxième édition se prépare.

Interview réalisée à Paris le 23 octobre 2012 par Benoit Basirico

 

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Par Jean-Pierre Nadir

Musique: Benjamin de Roubaix, « L'homme des sables »

Notre sélection Musique de la semaine

enjamin de Roubaix, « L'homme des sables »

Benjamin de Roubaix, « L'homme des sables »

Il est des familles où le talent se transmet de génération en génération. Benjamin de Roubaix appartient à l'une d'entre elle. Son grand père, Paul de Roubaix, réalisait et produisait des films institutionnels, son père, François de Roubaix, a été un pionnier de la composition de musique de films.
Benjamin de Roubaix a hérité de l'amour du cinéma, du sens de la mélodie et de la diversification musicale de son père. Mais l'héritage ne fait pas tout, la personnalité tient une place majeure dans l'identité d'un artiste. Et sa personnalité, Benjamin Roubaix se l'ai construite au fil de son parcours d'initiation musicale qui l'a conduit de l'Ecole nationale de musique du Tarn au conservatoire de Papeete à Tahiti, à l'American School of Modern Music de Paris puis à la Havane.
C'est dire si question éclectisme musical ce tromboniste en connaît un rayon. Malgré tout, les racines sont là, et lorsque Benjamin de Roubaix en vient à étudier la composition, pendant 4 ans au Berklee College of Music, c'est bien évidemment vers la musique de film qu'il se tourne.
De retour en France et après avoir intégré un groupe d'improvisation musicale à l'image en tant que tromboniste en 2008, ce petit surdoué nous livre aujourd'hui son premier album jazz en tant que leader.
Plus qu'un album jazz, L'homme des sables est une invitation au voyage dans son univers musical aux reflets multiples. Accompagné d'Alexandre Saada (piano, hammond B3, Wurlitzer, Moog, toy piano, voix, ocarina et bendir), de Jean-Daniel Botta (basse, contrebasse, bouzouki, voix et percussions) et de Laurent Seriès (batterie, percussions, voix, flûte guatémaltèque), le leader tromboniste parvient autant à évoquer des paysages naturelles que des scènes cinématographiques et à embarquer l'auditeur dans son périple au long cours.
La seule écoute du morceau intitulé « Les Secrets de la Mer Rouge » est un résumé parfait de ce premier opus plein de promesses. Ouverture avec reflux des vagues reproduit à la batterie et sirène de paquebot assourdie jouée au trombone, il suffit de fermer les yeux pour se sentir au bord de cette mer. Le thème s'installe et là, c'est un documentaire à la Cousteau qui se dessine à nos oreilles avant de se transformer, Ô magie de la musique, en une fantastique chevauchée sauvage digne d'un western spaghetti !
Au fil des morceaux, les paysages et les scènes défilent, tantôt la forêt tropicale que l'on imagine traversée par un troupeau d'éléphant (« Abuelita »), tantôt une fête foraine d'antan en bord de mer que l'on verrait tout droit sortie d'un film de Tati ou une scène d'Alibaba et les 40 voleurs avec son thème arabisant.
Mention très spéciale pour le morceau « Elephant Woman », poignant, émouvant, vraie musique de film noir qui prend des allures de « Rencontre avec le Troisième Type » où l'on ressent toute la détresse et la douleur de cette femme éléphant dont on perçoit les barrissements déchirants.

 

Article dans le Jazz News de Janvier /Février 2013
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Article dans le Jazz Mag de Janvier 2013
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DE ROUBAIX PRODUCTIONS L'oeuvre que vous voyez en fond d'écran est une création d'Eléonore Josso